Depuis plusieurs années, je vois le métier des Ressources Humaines évoluer à grande vitesse.
Et ces derniers mois, un phénomène m’interpelle particulièrement : de plus en plus de professionnels RH s’interrogent sur leur manière d’exercer leur métier.
Faut-il rester en CDI ?
Passer freelance ?
Tester le management de transition ?
Faire du temps partagé ?
Changer complètement de posture ?
Ce sujet, j’ai eu l’occasion d’en parler récemment dans le podcast Nouveaux Prismes avec Alexandra Amda. Et au fond, derrière cette question du statut, il y a surtout une transformation beaucoup plus profonde du métier RH lui-même.
La fonction RH est en train de changer de dimension
Je suis convaincu que nous vivons un vrai tournant pour la fonction RH.
Pendant longtemps, les RH ont été perçues comme une fonction essentiellement administrative ou support. Aujourd’hui, les entreprises comprennent de plus en plus que l’humain est un levier stratégique majeur. Et forcément, cela change notre rôle.
On attend désormais des RH :
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- qu’elles accompagnent les transformations,
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- qu’elles structurent les organisations,
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- qu’elles conseillent les dirigeants,
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- qu’elles créent de la cohérence,
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- et qu’elles participent directement à la performance globale de l’entreprise.
En parallèle, le marché du travail lui aussi évolue. Les formes d’exercice se multiplient : freelancing, management de transition, temps partagé, conseil… Et les RH n’échappent pas à cette hybridation du travail.
Pourquoi autant de RH envisagent aujourd’hui le freelancing ?
Dans les échanges que j’ai chaque semaine avec des professionnels RH, je constate une vraie accélération du sujet.
Beaucoup cherchent davantage de liberté.
D’autres veulent retrouver de la souplesse.
Certains souhaitent changer de posture ou découvrir des environnements différents.
Quand on devient indépendant, on n’est plus perçu exactement de la même manière dans les entreprises. La posture de consultant ou de manager de transition modifie souvent la relation avec les dirigeants et la capacité d’influence.
Et puis il y a aussi cette envie, très présente aujourd’hui, de reprendre la main sur son organisation de travail.
Mais je pense qu’il faut être lucide : le freelancing RH est souvent idéalisé.
Être RH freelance, ce n’est pas “faire le même métier autrement”
C’est probablement le point sur lequel j’alerte le plus souvent.
Quand on devient indépendant, on ne fait pas simplement “des RH en autonomie”.
On devient aussi entrepreneur de sa propre activité.
Et cela implique énormément de nouvelles compétences :
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- développer son réseau,
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- trouver des missions,
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- savoir se vendre,
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- négocier,
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- communiquer,
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- gérer les périodes creuses,
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- maintenir une activité commerciale constante.
Or, on peut être un excellent RH… sans forcément être à l’aise avec ces dimensions-là.
Je rencontre aussi parfois des professionnels qui envisagent le freelancing “par défaut”, parce que le marché du CDI est tendu. Et je pense qu’il faut être prudent. Aujourd’hui, beaucoup de postes RH se recrutent encore via le marché caché, le réseau et la confidentialité. Cela peut donner l’impression qu’il y a peu d’opportunités visibles, mais cela ne signifie pas forcément que l’indépendance est la bonne réponse pour tout le monde.
Le retour à l’opérationnel : une réalité souvent sous-estimée
Autre élément que beaucoup découvrent une fois freelance : les missions ne sont pas toujours aussi stratégiques qu’on l’imagine.
Quand on accompagne des PME ou des start-ups, les attentes sont souvent très opérationnelles :
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- structurer la paie,
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- sécuriser le juridique,
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- remettre à plat les process RH,
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- accompagner des managers peu expérimentés,
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- cadrer les obligations sociales.
Et c’est normal : ces entreprises ont souvent besoin d’abord de sécuriser leurs fondamentaux.
Pour des profils issus de grands groupes, cela peut parfois créer un décalage important.
Je crois beaucoup à l’hybridation des parcours
Au fond, je pense que la vraie évolution aujourd’hui, ce n’est pas “le CDI contre le freelance”.
C’est plutôt la possibilité de passer de l’un à l’autre selon les moments de sa vie professionnelle.
On peut avoir envie :
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- à un moment donné, de diversité, de mouvement et d’autonomie ;
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- puis plus tard, ressentir le besoin de retrouver un collectif, une aventure d’entreprise, une vision long terme.
Et inversement.
Je vois de plus en plus de professionnels RH construire des parcours hybrides :
CDI → freelance → retour en entreprise → management de transition…
Et je trouve cela très sain.
Pourquoi nous avons créé Orenda autour de la notion de communauté
Avec Florent Letourneur, lorsque nous avons créé Orenda, nous sommes partis d’un constat très simple : les RH sont souvent seuls.
Seuls dans leur posture.
Seuls dans leurs arbitrages.
Seuls face à des sujets sensibles et confidentiels.
Et pourtant, je suis persuadé que pour continuer à faire évoluer notre métier, nous avons besoin d’échanger davantage entre pairs.
C’est pour cela que nous avons imaginé une communauté RH différente :
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- confidentielle,
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- basée sur des échanges réels,
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- organisée en petits groupes,
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- centrée sur l’entraide et les retours d’expérience concrets.
Pas une communauté “vitrine”.
Une vraie communauté de professionnels qui peuvent parler librement de leurs problématiques, sans jugement.
Finalement, la vraie question n’est peut-être pas le statut
Avec le temps, je suis de plus en plus convaincu que le sujet n’est pas simplement de choisir entre CDI et freelancing.
La vraie question est plutôt :
Comment ai-je envie d’exercer mon métier aujourd’hui ?
Avec quel niveau d’autonomie ?
Quel rapport au collectif ?
Quel besoin de stabilité ou de diversité ?
Quelle envie d’impact ?
Et surtout : dans quel environnement vais-je pouvoir être utile, aligné… et continuer à apprendre ?
J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger sur ces sujets dans le podcast Nouveaux Prismes avec Alexandra Amda. Si ces réflexions résonnent avec votre propre parcours RH, je vous invite vraiment à aller écouter l’épisode complet. Vous y retrouverez des échanges très concrets sur les transformations du métier, les nouvelles formes de travail et les enjeux humains qui traversent aujourd’hui la fonction RH.